Foire aux questions
Nous n’habitons pas en Outaouais : pouvons-nous quand même recevoir des services au CIASF?
Le CIASF offre principalement ses services aux personnes et aux familles de la région de l’Outaouais.Certaines situations peuvent toutefois être évaluées au cas par cas, selon la nature de la demande, le service recherché, les critères d’accès et les ressources disponibles.
Si vous n’habitez pas en Outaouais, vous pouvez tout de même nous contacter. Nous pourrons vous indiquer si un service est possible ou vous orienter vers une ressource plus appropriée dans votre région.
Est-ce que les rencontres peuvent se faire à domicile ou en virtuel?
Où se déroulent les rencontres?
Le CIASF n’offre aucune rencontre à domicile ni en mode virtuel. Toutes les rencontres se déroulent en personne dans nos locaux.
Ce choix fait partie intégrante de notre approche clinique. Nos espaces ont été soigneusement aménagés selon une approche sensible aux traumas afin d’offrir un environnement stable, sécuritaire, accueillant et confidentiel.
Les intervenant·es disposent également de différents outils et matériels thérapeutiques adaptés aux besoins des enfants, des adolescent·es, des adultes et des familles. Ce cadre favorise le sentiment de sécurité, la qualité du lien thérapeutique et le bon déroulement des interventions.
Est-ce que les services du CIASF sont encadrés par une loi ou un mandat particulier?
Oui. Le CIASF offre des services spécialisés en lien avec les violences sexuelles, auprès des enfants, des adolescent·es, des adultes et des familles.
Nos services sont encadrés par des règles professionnelles, éthiques et légales, notamment en matière de confidentialité, de consentement, de protection des enfants, de sécurité et de collaboration avec les partenaires concernés.
Pour les situations d’abus sexuel impliquant des enfants ou des adolescent·es, le CIASF peut intervenir dans un cadre concerté avec la DPJ, les services policiers et les autres partenaires concernés.
Comment fait-on pour avoir accès aux services du CIASF?
L’accès aux services varie selon l’âge de la personne, la nature de la situation et le service demandé.
Pour plusieurs services destinés aux enfants, aux adolescent·es et aux familles dans un contexte d’abus sexuel, une référence peut être nécessaire, notamment par la DPJ, les services policiers.
Pour certains autres services, dont certains groupes, services aux adultes ou activités de prévention, les modalités d’accès peuvent être différentes.
Vous pouvez communiquer avec le CIASF par téléphone, par courriel ou par le formulaire de contact disponible sur notre site web. Nous pourrons vous expliquer les étapes, vérifier quel service correspond à votre situation et vous orienter vers la bonne démarche.
J’ai peur que parler de ce qui s’est passé retraumatise mon enfant. Est-ce que les services peuvent quand même l’aider?
Cette inquiétude est très compréhensible. Elle témoigne souvent du désir profond du parent de protéger son enfant. Plusieurs craignent qu’en parlant de ce qui s’est passé, ils viennent « rouvrir une blessure » ou faire remonter une souffrance que l’enfant semblait avoir mise de côté.
Au CIASF, nous ne demandons pas à l’enfant de revivre les événements. Nous créons plutôt les conditions nécessaires pour que ce qui a été blessé puisse commencer à se réparer. L’enfant n’est jamais forcé de raconter ni de donner des détails. Nous partons de ce qu’il ou elle est prêt·e à exprimer, que ce soit par les mots, le jeu, les émotions, les comportements ou même le silence.
L’objectif est de l’aider à retrouver un sentiment de sécurité, à mieux comprendre ce qu’il ou elle ressent, à diminuer la honte ou la confusion et à développer des moyens pour avancer. Parler de façon adaptée ne crée pas la souffrance : cela peut éviter que l’enfant demeure seul·e avec ce qu’il ou elle porte.
Le travail avec les parents occupe également une place essentielle. Vous n’avez pas besoin d’avoir les mots parfaits ni toutes les réponses. Nous vous aidons à comprendre les réactions de votre enfant et à savoir comment l’écouter, le rassurer et l’accompagner. Votre présence, votre calme et votre capacité à accueillir ce qu’il ou elle vit peuvent devenir de puissants facteurs de protection.
À quoi devons-nous nous attendre lorsque nous commençons des services au CIASF?
À quoi devons-nous nous attendre lorsque nous commençons des services au CIASF?
Nous savons que franchir la porte du CIASF peut demander beaucoup de courage. Dès votre arrivée, notre priorité est de vous accueillir avec douceur, sans jugement et sans vous demander de tout raconter immédiatement. Vous pourrez prendre le temps de vous déposer, de poser vos questions et d’avancer à votre rythme. Popeye, notre collègue à quatre pattes, est souvent là pour rendre ce premier contact un peu plus chaleureux.
Les services commencent d’abord par des rencontres individuelles ou familiales. Ces premiers échanges permettent de faire connaissance, de comprendre votre situation, vos préoccupations et vos besoins, mais aussi de déterminer avec vous la forme d’accompagnement la plus appropriée. L’approche est graduelle : rien ne se fait brusquement et chaque étape vous est expliquée.
Nos locaux ont été pensés pour favoriser un sentiment de calme et de sécurité. Les espaces sont accueillants, confidentiels et adaptés aux personnes ayant vécu des traumatismes. Ils permettent de se déposer et donnent accès à différentes formes de matériel thérapeutique, selon l’âge et les besoins de chacun·e.
Avant de commencer une démarche, l’équipe vous expliquera clairement le fonctionnement du service, les limites de la confidentialité, les modalités de participation et les prochaines étapes. Vous pourrez poser toutes vos questions, exprimer vos inquiétudes ou dire lorsqu’une situation vous rend inconfortable.
L’accompagnement peut ensuite prendre différentes formes : soutien aux parents, intervention individuelle ou familiale, rencontres de groupe, activités de prévention ou collaboration avec les autres professionnel·les déjà impliqué·es. Si un autre organisme répond mieux à certains besoins, nous prendrons aussi le temps de vous orienter vers la bonne ressource.
Il n’existe pas un seul parcours au CIASF. L’accompagnement se construit avec vous, étape par étape, en respectant votre réalité, votre rythme et ce dont vous avez besoin pour vous sentir en sécurité.
Est-ce que le CIASF travaille en collaboration avec la protection de la jeunesse — DPJ?
Oui.
Le CIASF travaille en collaboration avec la DPJ dans certaines situations, notamment lorsqu’un enfant ou un·e adolescent·e est concerné·e par une situation d’abus sexuel ou lorsque des préoccupations touchent sa sécurité ou son développement.
Cette collaboration peut s’inscrire dans le cadre de l’entente multisectorielle, qui prévoit une concertation entre les partenaires concernés, comme la DPJ, les services policiers, le réseau de la santé et des services sociaux, et les ressources spécialisées.
L’objectif est de protéger l’enfant, de soutenir sa famille et d’assurer une intervention cohérente, sécuritaire et respectueuse des responsabilités de chacun.
Avez-vous des liens avec le système judiciaire ou le tribunal criminel?
Le CIASF n’est pas un service policier, judiciaire ou correctionnel. Notre mandat est d’offrir des services spécialisés d’aide, de soutien, d’intervention et de prévention en lien avec les violences sexuelles.
Cela dit, certaines personnes accompagnées par le CIASF peuvent être impliquées dans un processus avec la DPJ, les services policiers ou le système judiciaire. Dans ces situations, l’équipe peut aider à clarifier certains repères, soutenir la personne dans ce qu’elle vit et l’orienter vers les ressources appropriées.
Le CIASF agit toujours dans le respect de son cadre professionnel, de la confidentialité et des obligations légales applicables.
Mon enfant semble aller bien depuis les événements. Est-ce quand même utile de consulter?
Mon enfant semble aller bien depuis les événements. Est-ce quand même utile de consulter?
Oui. Tout comme pour la santé physique, il est important de ne pas se fier uniquement à l’absence de symptômes visibles. Consulter permet de s’assurer, comme parent, que les besoins de l’enfant ont été évalués par une personne spécialisée.
Après une situation de violence sexuelle, certains enfants manifestent rapidement de la détresse, tandis que d’autres réagissent plus tard ou de manière plus subtile. Leurs réactions peuvent aussi évoluer avec l’âge et les différentes étapes de leur développement.
Selon les bonnes pratiques, il ne s’agit jamais de choisir entre une intervention ou aucune intervention, mais plutôt d’offrir une intervention adaptée à l’âge, aux besoins et à la réalité de chaque enfant. Celle-ci peut notamment inclure une évaluation, des interventions préventives, le renforcement des stratégies de protection ainsi que du soutien et des outils pour les parents.
Consulter ne signifie donc pas que votre enfant « va mal » ni qu’il devra nécessairement entreprendre une longue démarche thérapeutique. Il s’agit surtout de vérifier que ses besoins sont bien compris, de prévenir certaines difficultés et de lui offrir le soutien approprié au bon moment.
Pourquoi proposez-vous des groupes plutôt que seulement des rencontres individuelles?
Parce que la violence sexuelle se produit le plus souvent au cœur d’une relation où il aurait dû y avoir de la confiance, de la sécurité ou de la protection. Elle ne blesse donc pas seulement une personne : elle peut aussi atteindre sa capacité à faire confiance, à poser ses limites, à demander de l’aide, à prendre sa place et à se sentir en sécurité avec les autres.
Et c’est aussi dans la relation que certaines choses peuvent commencer à se réparer.
Le groupe n’est pas simplement une intervention individuelle faite à plusieurs. C’est un laboratoire relationnel vivant, in vivo. On peut y faire l’expérience d’être écouté·e sans être jugé·e, de parler sans être rejeté·e, de dire non sans perdre le lien, de prendre sa place sans devoir se protéger constamment. On découvre aussi que d’autres comprennent réellement, parfois sans qu’il soit nécessaire de tout expliquer. La honte se relâche, l’isolement recule et quelque chose recommence à circuler.
Pour les personnes ayant vécu de la violence sexuelle, le groupe permet de constater qu’elles ne sont ni seules, ni responsables de ce qui leur est arrivé. Se reconnaître dans les paroles d’une autre personne aide souvent à donner un sens à ses propres réactions et à diminuer la honte, la culpabilité et le sentiment d’être « différent·e ». Dans un cadre sécuritaire, chacun·e peut reprendre doucement sa place, retrouver sa voix, expérimenter la confiance, poser ses limites et recevoir du soutien sans perdre son pouvoir d’agir. Le groupe devient ainsi un espace où les liens, autrefois associés à la trahison ou au danger, peuvent peu à peu redevenir une source de sécurité, de reconnaissance et de force.
Pour les personnes ayant commis des gestes de violence sexuelle, le groupe permet également de travailler, dans l’ici et maintenant, les facteurs relationnels de risque et de protection : la façon d’écouter, de réagir aux limites et au refus, d’assumer sa responsabilité, de considérer l’autre et de construire des relations plus saines.
Au CIASF, nous faisons du groupe parce que nous y croyons et parce que nous avons vu la résilience s’y déployer. Dans notre langage d’équipe, nous disons que « lorsque le Jello pogne, tout devient possible ». C’est le moment où des personnes réunies dans une même pièce deviennent véritablement un groupe : la confiance s’installe, les liens se créent et chacun·e peut avancer en étant porté·e par quelque chose de plus grand que soi.
C’est cette conviction qui traverse nos services. Le groupe est proposé lorsque cette modalité correspond aux besoins de la personne, à son âge, à sa situation et aux objectifs cliniques établis.
Comment se déroule habituellement l’accompagnement au CIASF?
Comment se déroule l’accompagnement au CIASF?
Au CIASF, il n’existe pas de parcours tout tracé. Derrière chaque demande, il y a une personne, parfois un enfant, une famille et toujours une histoire unique. Nous commençons donc par prendre le temps de vous accueillir, de vous écouter et de comprendre ce qui vous amène.
Les premières rencontres se déroulent généralement de façon individuelle ou familiale. Elles permettent de faire connaissance, d’évaluer les besoins, de reconnaître les forces déjà présentes et de déterminer ensemble les objectifs de l’accompagnement. Chaque étape est expliquée clairement et la démarche avance progressivement, dans le respect du rythme de la personne.
Selon la situation, l’accompagnement peut ensuite comprendre des rencontres individuelles ou familiales, des groupes ainsi que du soutien aux parents et aux proches. Lorsque cela est nécessaire, nous pouvons aussi collaborer avec la DPJ, les services policiers, les écoles, les organismes communautaires ou d’autres professionnel·les, dans le respect de la confidentialité.
Les besoins peuvent changer en cours de route. L’équipe demeure donc attentive et ajuste l’accompagnement au fil de la démarche. Notre objectif est d’offrir un espace humain, sécurisant et spécialisé, où chaque personne peut se déposer, retrouver des repères et avancer à son rythme.